Amina Badiane, Jacob Zuma, Doing Business… : Le flop 10 des «losers» africains de 2021.

Fin décembre, les palmarès des personnalités ayant marqué l’année se multiplient dans les médias. Mais qui sont les grands perdants ?
 
Engoncée entre la progression d’une pandémie moins bénigne qu’il n’y paraît et le recul proclamé de la démocratie, 2021 a connu son lot de parcours fauchés, plus ou moins momentanément. Sans tirer sur les ambulances des chahutés, des décagnottés ou des mis à l’index de collectifs journalistiques, tentons, par ordre décroissant, un hit-parade subjectif des plus gros losers de ces douze derniers mois.
 
10. Martin Camus Mimb
 
Fallait-il que ça tombe sur lui ? Si le journaliste sportif et entrepreneur camerounais n’est pas le seul à abriter, dans son bureau, des ébats sexuels, c’est la sextape qu’il a lui-même tournée qui semble avoir inspiré un #MeToo local encore embryonnaire. Si la procédure judiciaire a établi que les relations filmées étaient consenties et si la carrière de Martin Camus Mimb semble devoir rebondir, à l’occasion de la CAN – si elle a lieu –, l’atteinte au droit à l’image restera dans les mémoires.
 
 9. Jacob Zuma
 
Une condamnation peut en cacher une autre. Enfoncé dans un long tunnel judiciaire où il est question de présumée corruption et de soupçons de conflit d’intérêt, Jacob Zuma s’est « offert le luxe », le 29 juin, d’une condamnation à 15 mois de prison pour « outrage à la justice ». En septembre, les autorités pénitentiaires sud-africaines acceptaient la mise en liberté conditionnelle de l’ex-chef de l’État. En décembre, la Haute cour de Pretoria ordonnait son retour en prison…
 
8. Le Doing Business de la Banque mondiale
Le 16 septembre, la Banque mondiale annonçait mettre définitivement fin à son rapport sur la « facilité de faire des affaires », suite à une enquête sur des irrégularités constatées dans la manipulation de données sur les éditions 2018 et 2020. L’impact de ces classements tronqués était déterminant pour les États en quête d’investisseurs étrangers. Or le trompe-l’œil servait davantage la Chine, l’Arabie saoudite ou l’Azerbaïdjan que l’Afrique.
 
7. La Fédération sierra-léonaise de football
Le 30 mars, Le Bénin accusait la Sierra Leone de « tentative de triche ». Alors que les deux équipes nationales de football devaient s’affronter dans un match déterminant pour les éliminatoires de la CAN 2021, les autorités sierra-léonaises brandissaient d’étranges tests – au stylo à bille sur feuille volante – affirmant que cinq Écureuils étaient positifs au Covid-19. Ouvrant la boîte de Pandore des reports, la Confédération africaine de football (CAF) reprogrammera, pour le 15 juin, la rencontre qui sera… de nouveau reportée.
 
6. Teodoro Nguema Obiang Mangue
 
En juillet, la Cour française de cassation confirmait la condamnation du vice-président équato-guinéen et fils du chef de l’État à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende pour « blanchiment d’abus de biens sociaux », « blanchiment de détournement de fonds publics » et « blanchiment d’abus de confiance », le tout en rapport avec des détournements présumés de fonds publics d’environ 150 millions d’euros, soit près de 100 milliards de F CFA.
 
5. Kamel Beldjoud
En plein mois d’août, alors que le gouvernement peinait à maîtriser des incendies qui feront des dizaines de victimes en Kabylie, le ministre algérien de l’Intérieur criait au complot. Il mettait à l’index « les mains criminelles » d’individus qui voudraient détruire l’Algérie. Les déclarations susciteront la controverse. L’ambiance de soupçons coûtera la vie à Djamel Bensmail, suspecté d’incendie volontaire puis lynché à Larbaâ Nath Irathen.
 
4. Kembo Mohadi
Le 1er mars, le second vice-président du Zimbabwe annonçait sa démission, au terme d’une série de fuites médiatiques concernant certains aspects de ses présumés ébats sexuels, notamment ses échanges avec une supposée maîtresse. Tout en quittant son poste, face à un buzz viral ingérable, le politicien de 71 ans dénonçait des enregistrements qui constituaient, selon lui, des « distorsions de l’information » par un « montage audio » aux allures de cabale politicienne.
 
3. Brahim Bouhlel
 
2021 devait être l’année de la consécration pour le comédien d’origine franco-algérienne, grâce à son rôle « upgradé » dans la saison 2 de la série Validé. Mais il ratera les mondanités du lancement médiatique, condamné à 8 mois de prison ferme par la justice marocaine pour une parodie filmée dans le royaume qui aura déclenché une vive polémique. Ce n’est que le 5 décembre que Brahim Bouhlel quittera la prison de Marrakech pour la France…
 
2. George Weah Junior
 
Pour des fêtes bruyantes en plein Covid, le fils du président libérien a provoqué un mini-incident diplomatique. Interpellé à Paris, malgré une invocation d’immunité diplomatique, dans la nuit du 1er au 2 février, pour « outrage et rébellion », embarqué au commissariat du XVIIe arrondissement, il sera condamné, en mai, à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Versailles. George Weah Junior devait verser plus de 20 000 euros aux voisins victimes des nuisances.
 
1. Amina Badiane
 
Alors que la Miss Sénégal Ndèye Fatima Dione dénonçait publiquement, en novembre, les violences et agressions qu’elle aurait subies dans le cadre de son mandat – et qui auraient conduit à une grossesse –, la directrice du comité d’organisation de l’élection, Amina Badiane, déclarait que si la reine de beauté avait été violée, c’est qu’elle l’avait « bien cherché ». Tollé sur les réseaux sociaux et dénonciation d’une « culture du viol », à l’ère du #MeToo planétaire…

Forgot Password