Contrats pétroliers lucratifs du Sénégal : T.I veut une enquête sur la corruption d’agents étrangers.

Des plaintes ont été déposées dans six juridictions“, a fait savoir Transparency International dans une note parvenue à Senego. Ces derniers demandent ainsi qu’une enquête soit ouverte sur la “corruption d’agents étrangers” concernant des contrats pétroliers qu’ils qualifient de “lucratifs” du Sénégal.

Les autorités d’au moins six pays devraient ouvrir une enquête sur des transactions suspectes concernant deux importants blocs pétroliers au large des côtes du Sénégal“, a déclaré Transparency International, ce jeudi 02 décembre 2021.

En effet, compte tenu de la réticence apparente des autorités sénégalaises à mener une enquête approfondie et à demander des comptes aux responsables, ils estiment qu’il est “essentiel que les informations disponibles soient rapidement examinées par les autorités des pays qui ont compétence sur cette affaire : l’Australie, la Roumanie, la Malaisie, Singapour, le Royaume-Uni et les États-Unis“.

Implication de Macky Sall, Aliou Sall, et le fils de…

Transparency International de préciser qu’en 2019, des enquêtes indépendantes menées par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et BBC Africa Eye ont révélé des détails jusqu’alors inconnus entourant la vente en 2012 des droits de concession des blocs offshore Deep St. Louis et Deep Cayar, situés au large des côtes du Sénégal. Des révélations, selon l’organisme internationale “mettent en cause le président actuel du Sénégal, Macky Sall, son frère, Aliou Sall, et le fils de l’ancien président“.

Frank Timis…

Les rapports accusent l’homme d’affaires roumano-australien controversé Frank Timis d’avoir soudoyé des fonctionnaires sénégalais afin d’obtenir l’accès à des réserves lucratives de pétrole et de gaz à des conditions extrêmement favorables. Selon ces mêmes rapports, son partenaire commercial Eddie Wong, qui détient des passeports de Malaisie et de Singapour, aurait facilité certaines de ces connexions et serait venu représenter les sociétés de Timis au moment de la vente. Timis a nié tout acte répréhensible“, rappelle T.I dans le communiqué.

Aliou Sall…

En effet, la publication de ces enquêtes a entraîné des manifestations au Sénégal. Et en réponse à la pression publique, le frère du président, Aliou Sall, avait démissionné de ses fonctions publiques tout en rejetant les allégations selon lesquelles il aurait reçu des paiements secrets. L’enquête sur le rôle d’Aliou Sall a abouti à un non-lieu en décembre 2020. “Les allégations de corruption n’étant pas résolues, il est essentiel que les autorités des autres pays concernés par cette affaire agissent“, souligne la note.

Transparence dans la gestion des ressources…

D’après Birahim Seck, “les Sénégalais méritent la transparence et l’intégrité dans la gestion de leurs ressources naturelles. Ces réserves de pétrole et de gaz ont le potentiel de transformer le Sénégal et de sortir des millions de personnes de la pauvreté. Et pourtant, elles ont été vendues à un délinquant condamné qui aurait menti à plusieurs reprises aux communautés et aux investisseurs, tout en s’engageant dans des transactions commerciales douteuses avec des fonctionnaires“.

Dans des transactions présentant de nombreux risques…

Aussi, les documents examinés par Transparency International suggèrent que ces entreprises auraient dû savoir qu’elles s’engageaient dans des transactions présentant de nombreux risques de corruption. Transparency International a fourni les informations disponibles aux autorités d’Australie, de Roumanie, de Malaisie, de Singapour, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Et selon Ádám Földes, conseiller juridique à Transparency International, “le public sénégalais est privé de milliards de redevances potentielles provenant des ressources naturelles qui lui appartiennent. Seule l’ouverture d’enquêtes dans les autres juridictions leur permettra d’obtenir la justice qu’ils méritent“.

Déterminer si Kosmos Energy et BP ont…

Et d’après toujours le communiqué, aux États-Unis, par exemple, Transparency International a demandé au ministère de la Justice et à la Securities and Exchange Commission (SEC) de déterminer si Kosmos Energy et BP ont violé la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger (FCPA), qui interdit aux sociétés cotées en bourse aux États-Unis de verser des pots-de-vin à des fonctionnaires étrangers. L’affaire devrait également inciter le Congrès américain à sévir contre la “demande” de corruption d’agents étrangers en adoptant la loi sur la prévention de l’extorsion à l’étranger (FEPA). La FEPA érigerait en crime le fait pour un fonctionnaire étranger d’exiger ou d’accepter tout pot-de-vin ayant un impact substantiel sur le commerce américain.

 

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