Gabon – Airtel : comment une petite entreprise fait trembler le géant des télécoms

L’opérateur, condamné à Libreville en 2019 à payer 35 milliards de francs CFA (près de 53,4 millions d’euros) à un ex-prestataire gabonais, qu’il accuse d’escroquerie, attend beaucoup du renvoi de l’affaire devant la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’Ohada. Révélations.

L’affaire n’a jamais été médiatisée hors du pays. Seuls quelques articles publiés en 2020 faisant référence à des bribes d’informations données par l’Agence gabonaise de presse en ont fait état. Ce dossier oppose d’un côté Airtel, le géant des télécoms coté à la bourse de Londres et propriété du groupe indien Bharti (contrôlé par le milliardaire Sunil Mittal), et de l’autre 2JTH, une PME gabonaise inconnue. Fin juin, la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) de l’Ohada (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires), à Abidjan, a été saisie. En jeu : une condamnation à 35 milliards de francs CFA (près de 53,4 millions d’euros) contre la multinationale.

Retour en 2014. Le différend survient lorsqu’Airtel Gabon refuse de payer une facture présentée par la société 2JTH, dirigée par Tanguy Henoc Eric Mboma Loemba, qu’il a chargée pour son propre compte de régulariser la situation administrative de plus de 270 sites où l’opérateur a disposé les émetteurs télécoms qui composent son réseau. Il s’agit alors de se conformer aux instructions de la Direction générale de l’environnement. Après avoir réglé une première facture, le groupe refuse de payer la seconde, qui concerne 200 sites. Selon nos informations, Airtel aurait négocié un montant d’environ 500 millions de F CFA, soit environ 762 000 euros, quand 2JTH lui a finalement demandé plus de 1,3 milliard de F CFA.

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