Ghana: Le FMI valide enfin le plan de soutien d’un coût de 3 milliards de dollars

Le ouf de soulagement pour l’économie ghanéenne. Après de longs mois d’attente, le programme négocié par les autorités avec le FMI portant sur un appui de 3 milliards de dollars vient d’avoir le quitus du conseil d’administration de l’institution, ouvrant ainsi la voie à un premier décaissement d’environ 600 millions de dollars.

  » Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un accord de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant équivalant à 2,242 milliards de DTS (environ 3 milliards de dollars, …  » a indiqué l’institution ce mercredi 17 mai dans un communiqué.

Cette enveloppe sera versée sur une période de trois ans, avec un « décaissement immédiat de 600 millions de dollars », dans le cadre d’un programme FEC dont l’objectif est de  » rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette  » en contrepartie  » de réformes de grande envergure pour renforcer la résilience et jeter les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive. « 

Une crise économique ‘’aiguë »

Présentant depuis quelques années des signaux d’inquiétudes avec une dette dépassant les 70% de son PIB et un déficit budgétaire qui s’aggravait (financé par des emprunts réguliers sur le marché international), l’économie ghanéenne est durement fragilisée par les chocs successifs de la crise sanitaire de la Covid-19 et de la crise en Ukraine. En effet, avec la hausse des taux sur le marché international de la dette dans le sillage de la hausse des taux directeurs aux Etats-Unis et la dégradation de sa note de crédit par les agences de notation, le Ghana a perdu la confiance des investisseurs et est devenu incapable de faire de nouveaux emprunts (eurobond) à des coûts attractifs pour refinancer sa dette (rembourser la dette arrivant à échéance) et soutenir ses réserves de changes qui ont fondu face à l’explosion de la facture de ses importations (qui alimente une inflation intérieure qui avait même atteint 54% en décembre 2022).

 » La diminution des réserves internationales, la dépréciation du Cedi, la hausse de l’inflation et la chute de la confiance des investisseurs nationaux ont finalement déclenché une crise aiguë « , s’alarme le FMI.

Attendu depuis le mois de décembre dernier, l’accord sur le FEC vient souligner les efforts du gouvernement ghanéen d’assainir les comptes publiques pour avoir réussi à négocier la restructuration de sa dette avec ses créanciers intérieurs et ses grands créanciers du G20. Ce qui devrait se traduire notamment des décotes (pour la dette intérieure) et/ou un rééchelonnement des échéances de remboursement, l’enjeu étant de  » faire face aux graves contraintes de financement et à l’insoutenabilité de la dette publique « .  » La conclusion d’accords de restructuration de la dette en temps voulu avec les créanciers extérieurs sera essentielle pour la mise en œuvre réussie du nouvel accord FEC « , insiste l’institution.

Des réformes

Outre la restructuration de sa dette, le Ghana doit mener des reformes dans le cadre de ce programme avec le double objectif de réduire ses dépenses, accroître ses recettes et soutenir sa croissance économique.  » Un ajustement budgétaire substantiel et prioritaire a commencé avec le budget 2023. L’augmentation des recettes et la rationalisation des dépenses seront associées à des politiques visant à protéger les ménages vulnérables et à créer une marge de manœuvre pour des dépenses sociales et de développement plus élevé à moyen terme « .

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