« Nous nous tenons au courant de l’évolution des feux, nous échangeons sur les réseaux sociaux » : une voyageuse française en Grèce

« En Grèce, rien que de marcher quelques minutes sous le soleil tapant donne le tournis, dormir sans climatisation dans notre véhicule est devenu compliqué. Même notre chat souffre, assommé par la fournaise. Notre rêve depuis longtemps était de passer six mois à vagabonder dans ce pays avec notre van, l’épidémie a retardé d’un an notre voyage. Nous sommes arrivés en juin et avons fait du télétravail une partie du temps. Nous avions prévu d’arpenter la péninsule du Péloponnèse pour découvrir les sites d’Olympie et d’Epidaure, puis le Magne.

Mais à cause des incendies qui ravagent le pays depuis fin juillet et des températures qui frôlent les 40 °C, nous avons dû changer de programme. Nous avons scruté les prévisions météo partout dans le pays et essayé de repérer les îles où les températures étaient les plus clémentes. Direction les Cyclades, et Paros. Mais même ici, les 37-38 °C deviennent insupportables. Il faut se lever très tôt, faire une sieste, puis rester éveillés tard pour pouvoir visiter l’île.

Au bout de trois jours, nous nous sommes résolus à louer une chambre et à utiliser la climatisation, même si nous essayons toujours de limiter son usage et de respecter l’environnement. Notre budget a été revu à la hausse. Nous aimons être proches de la nature, nous arrêter dans des coins isolés et sauvages en caravane, mais avec ces événements, nous prenons aussi conscience du danger de circuler au milieu des forêts de pins.

Nous nous tenons au courant de l’évolution des feux, nous échangeons sur les réseaux sociaux avec des Français installés en Grèce, pour avoir des informations sur la situation. Ces derniers jours, le gouvernement grec a formellement interdit de circuler dans les bois, les parcs, et la protection civile nous a envoyé des SMS pour nous avertir des risques de départs de feu. Ces alertes sont inquiétantes. Mais nous pensons surtout aux Grecs, qui affrontent des moments difficiles, qui ont perdu leur maison, qui doivent fuir comme des réfugiés climatiques, évacués dans l’urgence, en barque…

Malgré ces embûches, nous sommes très heureux d’être ici. Dans les épreuves, les Grecs sont solidaires. Avec nous, qui voyageons d’une manière alternative, ils sont toujours accueillants. Après plusieurs mois de confinement et de mesures restrictives liées à la pandémie, nous avions presque oublié que d’autres dangers planent au-dessus de nos têtes. Nous ne nous attendions pas à être confrontés à ces phénomènes extrêmes, qui nous rappellent qu’il faut agir vite pour sauver notre planète. »

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