RDC :le patron du renseignement François Beya arrêté par Tchisékedi.

Alors que le président de la République remettait son écharpe de président de l’Union africaine à son homologue sénégalais Macky Sall, les hommes de la 14e région militaire ont interpelé François Beya, le tout-puissant conseiller à la sécurité du président, chef du Conseil national de sécurité.

 

Les raisons de l’audition à l’ANR de François Beya, influent conseiller de Félix Tshisekedi

 

L’homme est auditionné par les services de renseignement.

 

Longtemps patron de la Direction générale de migration (DGM) lorsque Joseph Kabila était au pouvoir, François Beya est devenu l’un des hommes clés du dispositif de Félix Tshisekedi. Il est impliqué dans un grand nombre de dossiers politiques et sécuritaires, bien qu’il soit néanmoins en délicatesse avec d’autres piliers du premier cercle du président.

En novembre dernier, il avait notamment été chargé de tirer au clair un litige minier qui opposait différents membres de l’entourage de Tshisekedi, dont l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante Corneille Nangaa et le conseiller privé de celui-ci, Fortunat Biselele, dont les rapports avec François Beya sont conflictuels. Sa gestion de ce dossier, très critiquée, a marqué le début de sa disgrâce.

 

KABILA SOMMÉ DE PATIENTER

Alors que les rumeurs de remaniement au sein du cabinet du chef de l’État – où certains lui reprochent sa proximité avec Joseph Kabila – se font de plus en plus insistantes, François Beya a, ces dernières semaines, été dépossédé de certaines de ses prérogatives au profit de l’administrateur général de l’ANR, Jean-Hervé Mbelu Biosha. Il n’a d’ailleurs même pas été associé à la nomination de ce dernier, en décembre 2021.  Selon nos informations, le nouveau numéro un de l’agence a été chargé par Félix Tshisekedi d’accorder, ou non, les autorisations d’entrée ou de sortie du territoire aux jets privés.

 

Cela a eu pour conséquence directe de retarder le voyage en Afrique du Sud de Joseph Kabila, qui n’a été autorisé à décoller que le 25 janvier, soit quatre jours après qu’il a formulé sa demande auprès de l’ANR. Il n’est pas encore rentré à Kinshasa.

Ce délai de réponse est dû au fait que l’ANR souhaitait obtenir davantage de précisions sur la garde rapprochée qui accompagne l’ancien président durant ce voyage, selon un proche de ce dernier. Un membre du premier cercle de Félix Tshisekedi évoque pour sa part une volonté de s’assurer qu’il « ne cherche pas, depuis l’étranger, à déstabiliser le régime ».

Joseph Kabila n’est pas la seule personnalité de premier plan à avoir temporairement été empêchée de décoller. Moïse Katumbi a quant à lui dû patienter sept jours avant d’être autorisé, la semaine dernière, à décoller pour la Zambie.

 

Selon un diplomate qui a ses entrées au palais, « la relation entre Félix Tshisekedi et François Beya s’est, dès le début, nouée par nécessité. Le nouveau président avait besoin de quelqu’un d’expérimenté et qui connaissait bien les dossiers. Cependant, il était clair que des soupçons pesaient déjà sur la loyauté de Beya, et non sans raison.”

Plusieurs sources annoncent que l’ordre serait venu du président de la République. Vu le statut de Beya, l’ordre ne peut venir que de très haut.

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