Retro Education : L’école et l’université face aux maux de toujours.

Malgré une reprise des cours tardive, du fait du prolongement de l’année antérieure dicté par la pandémie de covid-19, l’année scolaire 2020-2021 se distingue des autres de par son caractère peu ordinaire. Au-delà de l’arrêt des cours forcé survenu à cause des troublants évènements de mars dernier, elle sera surtout marquée par des séries de violence exercées par les apprenants sur les enseignants, des cas de fraudes lors des examens nationaux et, la réapparition des grèves qui mettent fin à l’accalmie notée depuis la survenance de la pandémie

Accusant les coups du covid-19, du reste comme tous les autres secteurs, l’année scolaire 2020-2021 a été marquée par des décisions inhabituelles. Mues par la volonté de vivre avec le virus, et l’obligation de combler le vide dans la dispensation des cours, les autorités éducatives ont dû fixer la reprise en novembre. Un début de cours tardif, comparé aux années « normales », mais qui va entrainer un redécoupage de l’année à étudier. Ainsi seront-elles prises, pour la première fois, la suppression des congés de fin d’année et celle des vacances de la jeunesse- ces derniers étant quasiment remplacés par l’arrêt des cours observé en mars dernier à cause des manifestations nées de l’affaire « Sweet Beauté ».

Hormis ces réaménagements inhabituels dus au contexte susmentionné, l’année finissante a été à l’image de toutes les autres. Défiant tout remède telle une maladie endémique, les mêmes maux sont revenus éclabousser le système éducatif. Rien d’inédit, le bilan de 2021 montre effectivement les mêmes pathologies que celles précédentes. Ces dernières ont pour nom l’indiscipline, la fraude à grande échelle, les violences contre le corps enseignant, la désacralisation de l’espace scolaire, bref une véritable crise des valeurs.

Pire que les autres années, 2021 a eu un ratio de violences plus grand et plus inquiétant, du point de vue de leur ampleur. Des scènes peu élogieuses ont eu à se signaler dans les quatre coins du pays. Du lycée de Kébémer où un élève de terminale a agressé sa prof de philosophie au lycée de Sanghé à Thiès avec l’agression d’un surveillant par un élève de la classe de 5e, en passant par des actes de vandalisme au Cem Hann de Dakar, la violence avait fini par atteindre des proportions inquiétantes. L’ampleur a été telle que la réaction des officiels n’a pas manqué de fermeté.

Au-delà du ministère de l’Education qui a dû brandir le bâton contre les fauteurs de troubles, on retient surtout la sortie du président de la République, lors de la cérémonie de remise de prix aux lauréats du Concours général. « Les casseurs, ceux qui s’adonnent à la triche, à la violence et aux actes d’incivisme, n’ont leur place ni à l’école ni à l’Université. Pour autant qu’ils soient minoritaires, nous ne devons pas laisser pousser la mauvaise graine. C’est pourquoi j’appelle à une mobilisation générale pour une observance plus rigoureuse de la discipline dans l’école. L’Etat y veillera« .

La levée de boucliers contre les actes contremodèle n’a pas été assez forte pour dissuader les élèves de toute tentative de supercherie. Malgré les sensibilisations et menaces de l’Office du Baccalauréat, des cas de fraude ont émaillé le déroulement des examens dans certains centres. La fraude signalée à Pékess dès le début des épreuves, mettant en cause des élèves d’une école privée et u prof de philosophie, a été le premier à être divulgué par les médias. Mais on retiendra surtout le cas « insolite » qui aura fait le tour du monde, et qui met en cause un jeune homme habillé en femme et maquillé pour passer l’examen à la place de sa copine. Cette scène qui s’est signalée à Mbacké et toute la publicité qui en a émané n’ont pas découragé certains candidats à l’examen du Bfem.

Rompant avec l’accalmie notée dans le secteur de l’éducation depuis l’apparition du coiv-19, les syndicats d’enseignants ont décidé de se faire entendre pour la prise en charge effective de leurs revendications. Depuis le début du mois de décembre, des plans d’actions ont déjà été épuisés, menaçant déjà l’année scolaire. Suspendue de facto à cause des congés de fin d’année, la grève va se poursuivre dès la reprise des cours. En clair, 2022 va être accueilli- il est déjà accueilli par un plan d’action en instance- par des mouvements d’humeur qui vont redémarrer à partir du 4 janvier prochain.

Ces remous, l’espace universitaire les a déjà expérimentés, et parfois de façon violente. La fin de l’année a été accueillie dans une mêlée générale, avec des perturbations au niveau de la quasi-totalité des universités. De Bambèy où une intoxication alimentaire a conduit au décès d’un étudiant à Dakar en passant par Saint-Louis et Ziguinchor, les campus universitaires ont renoué avec les violents affrontements de toujours. Même si une autopsie a qualifié la mort de l’étudiant Badara Ndiaye de naturelle et que les autorités ont réussi à restaurer l’ordre, il faut se rendre compte que l’accalmie ne tient qu’à un mince fil. L’année 2022 peut bien démarrer comme sa défunte sœur a fini, puisque les problèmes ne sont pas réglés mais tout simplement reportés.

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