Umaro Sissoco Embalo : « De lourdes sanctions sont possibles contre la junte guinéenne »

Dans un entretien à France 24 et RFI, le président en exercice de la Cédéao met en garde la junte guinéenne si la transition dure plus longtemps que prévu. Umaro Sissoco Embalo affirme que le sommet extraordinaire de l’organisation, qu’il a convoqué cette semaine à New York, se penchera sur le Mali et la Guinée. Un sommet que le président de Guinée Bissau nie avoir convoqué à la demande du président ivoirien, Alassane Ouattara, en raison de l’affaire de soldats ivoiriens détenus au Mali.

À ce sujet, il estime que ce ne sont pas des mercenaires comme l’affirme la junte malienne. Et demande leur libération sans conditions. Il se prononce en revanche contre la proposition malienne de les échanger contre l’extradition de trois opposants maliens vivant en Côte d’Ivoire. Il explique ne plus être en contact avec le colonel Assimi Goïta. Interrogé sur la possibilité de nouvelles sanctions de la Cédéao contre Bamako, il affirme que toutes les options sont sur la table. À la question de savoir si la levée des sanctions économiques contre la junte en juillet était prématurée, il souligne que c’est le président Ouattara lui-même qui avait poussé à cet assouplissement.

Sur la Guinée, il estime inacceptable un calendrier de retour à un pouvoir civil au-delà de 24 mois. Et prévient que si la junte persiste à maintenir son délai de 36 mois, de nouvelles sanctions sont envisageables. Il appelle à la création d’une force anti-putsch de la Cédéao, affirmant que la recrudescence des coups d’État dans la région était « démodée ».

Fin juillet, Umaro Sissoco Embalo avait assuré avoir convaincu la junte, arrivée par un coup d’État en septembre 2021 au pouvoir, de réduire la période dite de « transition » à deux ans. Mais les autorités n’ont jamais confirmé, et ont même continué à parler de 36 mois.

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